Nos Sauvetages

129 tortues sauvées et renvoyées en Tunisie

RAPATRIEMENT en Tunisie

Une grande première …non sans difficultés !

 

 

Le 11 février 2015, une importante saisie était effectuée par les services douaniers au port de Marseille. 

192 tortues de l'espèce Furculachelys nabeulensis se trouvaient dans un véhicule au milieu d'autres marchandises de contrebande, notamment des cigarettes. 

Les 3 trafiquants, arrêtés sur le champ et conduits à la prison des Baumettes, étaient surveillés depuis plusieurs mois. A leur domicile, plus précisément dans une cave, 133 autres tortues de la même espèce furent découvertes. 26 étaient déjà mortes, les autres dans un état de déshydratation avancé. 

Immédiatement confisquées et placées sous scellés judiciaires, les tortues ont été confiées au Muséum d'histoire naturelle de Marseille. Cet organisme n'ayant pas les moyens de veiller aux soins de ces tortues, il s'est retourné vers un éleveur Capacitaire adhérent de l'association "La Tortue Soleil " et lui a alors remis les animaux, faute de quoi un aller sans retour leur était promis vers les congélateurs. 

 

   

 

 

Le Capacitaire en question a alors alerté "la Tortue Soleil " afin d'obtenir de l'aide pour gérer une telle quantité d'animaux. Il faut bien évidemment resituer l'action en plein hiver, cette espèce de tortues habituées à un climat subsaharien démarrait tristement son parcours sur le sol français. 

 

L'éleveur a mis son garage à la disposition des tortues, il a assuré un chauffage de confort pour éviter un choc thermique ainsi qu'un affaiblissement supplémentaire.  

Mais les rhinites et les parasites (tiques, vers, ascaris...) avaient déjà commencé à œuvrer contre la santé des tortues, dont l'effectif s'est mis à chuter graduellement. 

 

 

 

 

L'idée première était d'alerter d'autres capacitaires pour leur confier une partie des animaux et ainsi répartir la charge de travail en attendant de trouver une solution durable.

Malheureusement,  outre le manque de place souvent constaté chez les plus entreprenants, la seule évocation de cette espèce rattachée au groupe des Testudo graeca a souvent eu pour effet de faire fuir les volontés. 

De plus, la tâche consistant à livrer quelques individus par ci par là s'engageait comme la plus fastidieuse. 

 

En définitive, il nous est apparu comme une évidence que ces tortues devaient retourner chez elles, en Tunisie, où toutes les conditions sont naturellement réunies pour leur permettre de continuer leur vie librement. 

Et c'est là que nous avons commencé à faire les pires découvertes! 

 

 

Renvoyer ces tortues s’est révélé dès le départ comme le parcours du combattant

 

En effet, les tortues étant mises sous séquestre, elles étaient considérées comme une marchandise illicite, élément à charge dans le procès prévu à l'encontre des trafiquants. 

La justice française s'opposait donc à leur retour. 

Il a fallu que nous soyons mis en relation avec un organisme militant pour la protection et la préservation de la faune endémique tunisienne pour qu'une première embellie se dévoile. 

Ainsi, en tissant un tout nouveau réseau de communication entre l'association "La Tortue Soleil " et un organisme accrédité par les autorités tunisiennes, une logique de restitution pouvait se mettre en place.

 

 

Étant donné le nombre considérable d'animaux saisis en France, le ministère de l'agriculture tunisien, au travers de la direction générale des forêts, encourage la restitution des tortues saisies dans le cadre d'un programme de réhabilitation des animaux rescapés. 

L'organisme assermenté, une fondation sous bannière britannique, a dû pour cela émettre un courrier officiel de demande de restitution, appuyé par un courrier officiel LTS établissant les raisons pour lesquelles ces tortues ne peuvent pas durablement vivre sous climat français. 

Ce n'est qu'après avoir fourni ces deux courriers officiels que le juge d'instruction a accepté d'examiner la demande. Il a décidé en conséquence de lever les scellés judiciaires le 8 Avril 2015. 

A ce stade, près d'une centaine de tortues du deuxième lot saisi ont déjà péri. 

 

Pour engager les opérations de rapatriement vers la Tunisie, il nous a fallu alors réclamer un permis Cites d'exportation auprès de la DREAL PACA, basée à Aix en Provence. 

Cette étape sera la plus mémorable...

 

En effet, dans un premier temps, cette délégation régionale du ministère de l'Environnement nous demanda la taille et le poids des animaux, puis leur âge et leur sexe. Il nous est vite apparu que nous ne nous comprenions pas et que ce retour, qui nous paraissait d'une nécessite évidente, réclamait quelques éclaircissements pour les fonctionnaires de la DREAL. 

A trop laisser passer de temps sur ce dossier urgent, nous risquions de ne rapatrier que des cadavres, et tout le monde se moque de savoir si ce sont des mâles, des femelles, des juvéniles, des vieilles tortues rondes, pointues ou carrées...

 

Une fois cette urgence admise, la DREAL nous a réclamé une demande écrite.  Écrite par le détenteur des tortues et non par l'association. 

Et là, nous avons commis une erreur: nous avons écrit un e-mail. 

La DREAL nous a en effet exigé un courrier papier, rajoutant au calvaire des tortues en attente un nouveau délai postal. A ce stade, nous avions déjà passé 3 mois sur le dossier, nous nous trouvions déjà au 15 Mai 2015.

 

 

Pour quelles raisons nous n'obtiendrons le Cites que le 3 Juin 2015, après plusieurs appels téléphoniques inquiets?

Nous n'obtiendrons jamais de réponse à cette question

 

Pour autant, l'association LTS a organisé entre temps la réservation d'un peu de place dans un cargo en partance pour le port de Radès en Tunisie le 6 Juin 2015. Un transitaire du port de Marseille nous a aidé à remplir toutes les conditions de passage en douanes. 

Un certificat vétérinaire nous a été exigé, une facture faisant office de déclaration de valeur sera demandée (eh oui! même dans le sens du retour, ces pauvres tortues sont considérées comme une marchandise...).

Et il nous a fallu obtenir le permis d'importation tunisien en 48 heures seulement!

(Rappel: le permis français nous a été attribué le 3 Juin alors que le bateau prévoyait d'appareiller le 6 juin... un samedi, quand toutes les administrations sont fermées)

 

Est-ce que ça tient du miracle? En tout cas, nous y sommes parvenus et la validation du départ des tortues le 6 juin a pu être confirmée au transitaire. 

 

Le 6 juin au matin, nous avons passé 2 heures à récupérer les tortues dans le vaste enclos où elles séjournaient depuis l'arrivée des beaux jours. Quelques aménagements sur les caisses de transport fournies par le muséum d’histoire naturelle de Marseille seront nécessaires. Déposées sur un lit de paille pour qu'elles voyagent confortablement, 129 tortues réparties en 3 caisses voyaient enfin leur chance de salut se rapprocher. 

Malheureusement, lors du ramassage nous avons encore constaté de nombreux décès. 

 

   

A 11h00, au port de Marseille, nous avons d'abord été agréablement surpris par la compréhension des douaniers, puis par la sympathie des dockers, et enfin par la rapidité avec laquelle toutes les formalités ont été accomplies.

Nous n'étions plus habitués! 

 

Avec une émotion difficile à décrire, nous nous sommes éloignés du quai où les tortues, moyennant 36 heures de traversée dans la cabine de l'officier de bord, voyageront par 27°C avant d'arriver de l'autre côté de la méditerranée ...chez elles! 

 

   

 

Ce que nous souhaitons dès maintenant, forts de cette filière dont nous maîtrisons enfin les tenants et les aboutissants, c'est que les délais de traitement administratifs soient plus courts et raisonnables, afin que ce type de sauvetage permette de préserver un plus grand nombre de tortues.

 

 

La filière - retour tunisienne est ouverte, telle une brèche qu'il ne faut

surtout pas voir se refermer.

 

Les 129 Furculachelys nabeulensis ont été réceptionnés au port de Radès dans la journée du 8 juin 2015 et ont immédiatement bénéficié des premiers soins nécessaires à permettre leur réintroduction dans leur biotope. 

 

Nous allons maintenant travailler à l'élaboration d'une filière-retour vers le Maroc et vers l'Algérie. Ainsi, même si c'est à titre conservatoire puisque nous n'avons fort heureusement pas de contingent de tortues à rapatrier vers ces 2 pays actuellement, nous pourrons être très réactifs si nous sommes alertés par les douanes. 

 

Un effort considérable reste à faire pour que des centres de transit soient mis en place et demeurent opérationnels au plus vite dans les départements français les plus concernés, ceux de la frange méditerranéenne. 

 

ENFIN CHEZ ELLES !

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Commentaires

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Je souhaite recevoir un bon de commande, merci

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