L'HIBERNATION

1°) BIOLOGIE


Les tortues sont des reptiles, et par conséquent sont des êtres poïkilothermes (température interne variable) et ectothermes (température interne modifiée par les températures extérieures). De ces caractères biologiques découlent plusieurs conséquences pour les tortues : elles doivent rechercher la chaleur pour avoir une température de fonctionnement normal (soleil essentiellement) et ne pas dépasser des températures excessives (17° à 38°) qui, si elles sont trop basses, bloquent le métabolisme de l’animal, et si elles sont trop hautes, peuvent entraîner la mort de la tortue. Ces problèmes sont fortement diminués chez les animaux qui peuvent réguler eux-mêmes leur température corporelle (mammifères, oiseaux).
La première conséquence de cette température interne variable est l’impossibilité d’avoir une vie active normale lorsque la température descend au-dessous de 17 °C. La tortue a développé une adaptation : l’hibernation. Elle se met alors au repos avec baisse du métabolisme basal et baisse de ses besoins énergétiques. 
Ainsi toutes les tortues des zones tempérées ont développé l’aptitude à hiberner. Cette adaptation est devenue au fil du temps une nécessité biologique (entretien de l’activité thyroïdienne, stimulation des glandes reproductrices …). Les tortues qui hibernent ont besoin de passer par cette étape annuelle pour être en bonne forme.

2°) CONSEQUENCES DE L’HIBERNATION SUR L’ORGANISME


Lors de l’hibernation, il y a une baisse des besoins énergétiques de l’animal; celui-ci devient léthargique et ne bouge plus. Il ne boit ni ne mange. Sa respiration devient rare, son cœur se ralentit pour ne battre que très lentement. La température corporelle restera celle du milieu extérieur. La tortue restera en hibernation tant que la température ne dépassera pas 16° C plusieurs jours de suite. Certaines tortues aquatiques peuvent utiliser leur cloaque ou leur muqueuse buccale pour respirer pendant l’hibernation, d’où leur capacité à rester au fond d’une mare. Comme les fonctions vitales ralentissent très fortement, le transit intestinal lui aussi s’arrête !

3°) HIBERNATION NATURELLE


Les tortues qui hibernent dans la nature passent par quelques phases avant l’hibernation :
- baisse d’appétit puis arrêt de l’alimentation plusieurs jours avant l’enfouissement
- recherche d’un lieu d’hibernation (lieu sec, meuble, un peu en profondeur)
- baisse de l’activité
- enfouissement

4°) HIBERNATION EN CAPTIVITE


Il faut respecter les phases de l’animal libre et le laisser subir la baisse de température corporelle (pas de chauffage !).Une semaine avant le début de l’hibernation il faut cesser toute alimentation (le transit s’arrêtant, il faut éviter les fermentations de matières dans l’intestin). Mettre la tortue dans son bac d’hibernation ou dans la partie du parc où elle doit hiberner.

 

 5°) LE LIEU D’HIBERNATION


HIBERNATION DES TORTUES TERRESTRES SUR LA ZONE LITTORALE MEDITERRANENNE


Voici quelques conseils concernant l'hibernation des Testudo en extérieur en zone méditerranéenne.
Ces éléments sont le fruit d'expériences personnelles, et n'ont donc aucune valeur scientifique particulière.
Par exemple, si vous utilisez une méthode différente qui fonctionne bien, surtout n'en changez pas, assurez vous simplement que vos animaux n'en souffrent pas.
Dans nos régions, nous préconisons de faire hiberner nos tortues en extérieur, le plus naturellement possible et cela y compris pour les bébés de l'année, à la seule condition qu'ils soient en bonne santé.
Dans le cas contraire, ne pas faire hiberner les animaux débilités (affaiblis), en les maintenant dans des conditions tempérées.
Ces conseils sont valables pour les espèces suivantes :
- Testudo hermanni - Testudo boettgeri
- Testudo marginata - Testudo ibera
Nous pouvons également faire hiberner Agrionemys horsfieldi à l’extérieur, en apportant simplement un soin tout particulier aux dimensions de l'abri et à l'étanchéité du toit. Cette tortue, appelée également "tortue des steppes", ne supportant absolument pas l'humidité.

 

Tortues vivant en semi liberté dans un jardin :

(concerne uniquement : Testudo hermanni, Testudo boettgeri et Testudo ibera)
Si vos tortues vivent sur un terrain suffisamment vaste, disons de l'ordre de 1000 m², très arboré, avec de grands arbres, chênes, pins, cèdres, micocouliers, oliviers, et également des arbres plus petits tels que buis, pittosporum, haies diverses et que le sol est en certains endroits couvert de substrat forestier (terre, terreau, feuilles, brindilles) sur une épaisseur de 20 à 30 cm, il n'est pas nécessaire de construire un abri.
Vos tortues trouveront tout simplement leur lieu d'hibernation, comme elles le font quand elles sont dans la nature. Tout au plus vous pouvez, si vous avez une pelouse, faire un tas avec les tontes qui, à la longue, deviendra important et dans lequel elles creuseront des terriers.
Il n'est d'ailleurs pas certain qu'elles utiliseront cet endroit pour hiberner. C'est assez souvent ce qui se passe. Certaines d'entre elles préfèrent passer l’hiver à demi enterrées dans le substrat forestier et à l'humidité, plutôt qu'à l'abri dans cette meule d'herbes sèches. Nous devons, dans tous les cas, respecter leur comportement.

 

Tortues vivant dans un enclos :

Si vos tortues vivent dans un enclos (nous vous rappelons que la taille d'un enclos doit être d’au moins 8 m² par individu adulte mais que l'idéal est d'environ 50 m² pour 2 à 4 tortues), il faut construire un abri en dur.
Les dimensions de cet abri seront de 1 m x 1 m pour moins de 5 tortues, du double pour 10 tortues, etc. ...
Son emplacement doit être soigneusement choisi, si possible adossé à un mur au nord, sur la partie la plus haute de l'enclos, de façon à ce qu’en cas de fortes pluies il ne soit pas inondé. L'entrée de 30 à 40 cm, doit s'ouvrir au sud ou à l'est.
Le sol, exclusivement fait de terre et de substrat forestier (voir paragraphe précédent), doit être travaillé par retournement de la terre sur une profondeur de 40 cm environ.
Le toit doit être étanche de façon à ce que les tortues n'aient pas trop d'humidité. L'humidité remontant par le sol est tolérée et même nécessaire pour éviter une déshydratation des animaux durant ces 3 à 4 mois d'hibernation.
Une fois terminé, l'abri doit être isolé du froid en le bourrant de paille mélangée à des feuilles mortes.
Vous vous rendrez alors compte rapidement que vos tortues vont s'y coucher dès la fin de l'après midi. Si ce n'était pas le cas, il serait nécessaire de les déposer chaque soir devant l'entrée, puis de vérifier qu'elles y passent bien la nuit. Au bout de quelques jours l'habitude sera prise.
Lorsque vos tortues ne sortiront plus de leur abri et commenceront leur hibernation, rajoutez encore de la paille et des feuilles mortes, de noyer ou de marronnier (qui ont -dit-on- la propriété d'éloigner les rongeurs), jusqu'à obstruction de l'entrée.
Les bébés et les juvéniles (animaux de 1 à 5 ans) doivent hiberner dans des enclos particuliers grillagés sur les côtés et sur le dessus. Nous vous conseillons de procéder comme pour les adultes en soignant particulièrement la construction de leur petit abri, en bois de préférence (matériau plus isolant), en mettant une importante épaisseur de paille ou d'herbes sèches , et en vous assurant de la parfaite étanchéité du toit.
Nous recommandons également, quand cela est possible, de construire l'enclos des bébés et leur abri au pied d'un gros arbre feuillu pour assurer une protection supplémentaire contre le froid et la pluie.
Ne soyez pas inquiets, les tortues supportent très bien le froid de nos régions. Chez nous, quand il gèle, c'est uniquement pour quelques heures. Il peut faire -5°C à 6 heures du matin, et 7 ou 8°C à 9 heures ! Ce qui serait dommageable à nos tortues serait une température inférieure à 0°C, 24 heures sur 24, pendant plusieurs jours d'affilée.
Nous rappelons que les Agrionemys horsfieldi ne craignent pas le froid (-20°C pendant plusieurs jours ne leur sont pas préjudiciables), mais qu'une humidité trop importante leur serait fatale. Il faut donc leur construire un abri sensiblement plus grand, en vérifiant particulièrement l'étanchéité du toit de façon à ce qu'elles aient un volume sec intérieur plus important.

Les Testudo marginata sont les plus sensibles au froid. Soignez donc particulièrement l'apport de paille et de feuilles mortes.

 

Précautions particulières:

Vérifiez l'état sanitaire de vos tortues avant l'hibernation : poids anormal, déshydratation éventuelle, plaies non refermées, présence de tiques etc. Vérifiez également que vos tortues sont bien dans les abris.


Hibernation intérieure :

Avant d'aborder ce sujet il est bon de rappeler que l'hibernation des tortues à l’intérieur doit se dérouler dans des locaux sans bruit, à l’abri de la lumière et à des températures inférieures à 8°C. En aucun cas elle ne doit se dérouler à température ambiante.

- La température idéale dans le local est de l'ordre de 5°C, et ne doit jamais monter au-delà de 8°C, dans le cas contraire certains spécimens peuvent se réveiller et subir une déshydratation ou s’affaiblir.
- Il faut disposer les tortues dans des caisses en bois préalablement remplies d'un mélange de terre et de terreau sur une hauteur d'environ 30 à 40 cm, puis les recouvrir avec le substrat déjà cité, et enfin compléter avec des feuilles mortes ou de la paille.
- Les tortues de différentes espèces ne devront pas être disposées dans une même caisse. L’idéal étant un individu par caisse !
- Une fois fermé, le local ne doit pas être accessible aux rongeurs et en particulier aux rats.
- les animaux devront être amenés à leur température d'hibernation progressivement, pendant une quinzaine de jours.
-Enfin, les conseils de préparation sont les mêmes que pour une hibernation en extérieur.

 

Hibernation de tortues aquatiques :

Certaines tortues aquatiques de nos régions hibernent également. C’est le cas d’Emys orbicularis (cistude) et de Mauremys leprosa (tortue lépreuse) celles-ci peuvent hiberner dans leur mare ou bassin, au fond de l’eau dans la vase, ou hors de l’eau sur les berges et hiberner comme des tortues terrestres. L’hibernation dans l’eau ne sera possible que si elle est d’une profondeur suffisante (épaisseur de glace éventuelle + eau libre). Si de la glace se forme, la casser en faisant un trou. Pour l’hibernation sur les berges du bassin préparer une zone comme indiqué pour les tortues terrestres.
Beaucoup d’autres tortues originaires de zones tempérées peuvent hiberner : certaines Chrysemys, Chelydra serpentina, certaines Apalone (ex Tryonix). Pour plus de sécurité l’hibernation de ces tortues doit avoir lieu dans un bac intérieur et les conseils de préparation sont les mêmes que ceux préconisés pour les tortues terrestres. Pour finir, les tortues seront mises au sec ou dans un peu d’eau (1à 3 cm de hauteur) (notamment pour les tortues à carapace molle) qui sera changée régulièrement. 
Le bac est placé à la pénombre dans une pièce à température constante comprise entre 5°C et 10° C. Aucun nourrissage ne sera fait durant l’hibernation.

 

 

D'après Gérard SCARBONCHI et Alain BERTRAND pour
La Tortue Soleil

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marie wuillemier | Réponse 08.02.2016 20.47

bonsoir,
Je pense que les tortues savent ceux quelles font et qu'il ne faut pas s inquiéter?

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Commentaires

25.04 | 19:13

Si vous voulez une chance que la plante atteigne la 2ème paire de feuilles, je vous conseille de planter en dehors du parc Elles sont voraces LOL

...
25.04 | 19:06

Bon de commande envoyé sur votre email.
Cordialement

...
13.04 | 14:00

Bonjour,
j'ai une pélomédusa,le propriétaire n'en veut plus et je ne peux pas la garder. Ou serait-elle heureuse ?
j'habite le Var.
merci

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09.04 | 13:48

bonjour petite question faut il planter directement dans l'intérieur du parc de ma tortue ou en exterieur ?

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